Mes négos toujours plus pauvres….

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Les dernières négociations avec la direction Michelin présentent une tendance alarmante vers de moins en moins de débats et compromis. Stratégie délibérée d’appauvrissement du dialogue social ou conséquence mécanique de la réduction de tous les coûts salariaux ?

La négociation salariale en janvier dernier avait abouti à une impasse et à la décision unilatérale de l’entreprise d’une augmentation globale très insuffisante, assortie de conditions d’application ubuesques. Ce mois-ci, les primes variables des collaborateurs et cadres seront environ moitié moindre qu’en 2024, pour cause d’objectifs démesurés et d’ajustement des gérants à seulement 5%.

La négociation en cours sur l’intéressement, la participation et le partage d’un bénéfice exceptionnel n’augure aucune largesse… Elle n’offre de fait aucune ouverture pour des propositions alternatives. Il est proposé royalement 0,35% d’augmentation de l’enveloppe de l’intéressement, fixée actuellement à 5,65% de la masse salariale. Mais cela reste un plafond, maximum atteignable si et seulement si toutes les planètes s’alignent….et un plafond pour intéressement et participation cumulés ! A prendre ou à laisser….

Toujours mieux, avant même l’ouverture de la négociation sur le télétravail prévue mi-avril, l’entreprise notifie ce jour, dans une note Intranet, sa décision de le limiter à 2 jours par semaine. On aurait pu croire à un poisson d’avril si l’annonce avait été faite hier ! Belle incitation à co-construire.

Pendant ce temps là, tout va bien pour les actionnaires

actionnaires

La proposition de dividende 2025 par action est de 1.38 € par action, encore en hausse de 2,2% par rapport à 2024, ce qui représente un taux de distribution du résultat net de 52 %. De plus le programme de rachat d’actions, pour en soutenir le cours, est confirmé : 500 M€ sont encore prévus à cet effet.

Certes nous les salariés pouvons être actionnaires du Groupe mais à un degré infinitésimal. Il nous faudrait chacun plus de 2000 actions gratuites ou à prix d’ami pour toucher des dividendes substantiels…

La Cfdt est consciente de la situation commerciale critique de l’entreprise et des limites de sa stratégie de marge, qui contraint toujours plus ses coûts en France. Mais sa politique People ne doit pas se résumer à une belle communication externe. Michelin doit retrouver un équilibre entre la maîtrise de ses coûts, la rémunération des actionnaires et le respect de ses salariés. Cela passe par un rétablissement rapide d’un dialogue social digne de ce nom.

Les négociateurs Cfdt

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